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Guillaume, le Papa-sherpa !

Guillaume est professeur de philosophie à Tours. Il y a 4 ans, la naissance de son second fils le mène à une prise de conscience : « une vie de plus sur cette Terre, mais à quelles conditions carbone ? » . Angoisse de la vie qu’il va donner à ses enfants, besoin de prendre les choses en main, se rendre compte que l’avenir peut être désirable et beau, donc agir dès aujourd’hui.

Dans ses questionnements, le kit Inventons nos vies bas carbone est arrivé, quelques mois après la naissance de son fils, lui offrant un outil empouvoirant qui l’a aidé à mieux comprendre les enjeux et ses leviers d’action à titre individuel.

Guillaume animateur Inventons nos vies bas carbone

Le kit est tombé à pic !

En 2021, il participe à son premier atelier Inventons nos vies bas carbone pendant le Covid. Il a réalisé cet atelier en ligne dans le cadre de la campagne du candidat écologiste de la région à l’époque, qui fédérait des initiatives citoyennes pour donner des outils sur les sujets écologiques.

Dans la foulée, il se forme à l’animation et utilise les cartes en EMC (enseignement moral et civique, 30 min /semaine au lycée) avec chacune de ses classes. Il présente également l’atelier lors des journées pédagogiques aux autres professeurs. « En tant qu’enseignant, je vois tout de suite la résonance qu’a le kit [jeunes]. L’éducation nationale devrait être un lieu de débouché évidentissime. Ce n’est pas forcément dans la formation initiale des professeurs mais […] il devrait être proposé dans les droits à la formation des enseignants »

Un bilan carbone ré-évalué tous les ans

Guillaume réalise son bilan carbone tous les ans. Le dernier s’élevait entre 3 et 4 tonnes. Son secret : agir dans un premier temps sur le transport et l’alimentation !

🍅🥪 Alimentation

Devancé par son épouse, il devient végétarien en 2022 (avec deux exceptions festives par an : Noël et Pâques 😉 ). Au début, ses proches se sont inquiétés pour sa santé, notamment son père qui lui a demandé de faire un bilan de son taux de calcium. Ce à quoi il a répondu que s’il faisait ce bilan, son père devait faire son bilan carbone. Conclusion ? Son père est rassuré de son taux de calcium et Guillaume est effaré du bilan carbone de son père !

Au quotidien, la viande ne lui manque pas, il s’agit d’une habitude à prendre. Il ne veut par ailleurs pas imposer ce choix à ses enfants, mais il observe que les habitudes se prennent, alors que l’un de ses enfants est en effet végétarien, l’autre aime manger de la charcuterie. Et c’est OK pour lui !

Cartes alimentation atelier Inventons nos vies bas carbone
Il est facile de mesurer l'impact de nos décisions grâce aux ordres de grandeur d'Inventons nos vies bas carbone

💻️📱 Consommation : second hand, first choice

Il privilégie également les achats de seconde main pour toute la famille, et les activités bas carbone. Il a investi dans un kayak gonflable et fait des balades dépaysantes sur la Loire comme avec son fils dernièrement ! Il suffit de le replier et de le transporter sur un diable. Alors oui, une vie bas carbone c’est plus actif 😉

✈️🚲️ Transport : voiture ou pas voiture, telle est la question...

Guillaume a été professeur à Vendôme. Venant de Blois, malgré avec le covoiturage, la question de l’empreinte carbone de son trajet quotidien le pousse à demander un changement d’établissement, pour Tours. Aujourd’hui, il fait ses trajets en train et vélo, ce dernier restant au box sécurisé à la gare de Tours, lui permettant une bonne continuité dans ses transports sans être chargé. Il en a deux : avoir plusieurs vélos et leur mettre un top case pour scooter pour y laisser tout son matériel (gilet jaune, gants…).

Mais Guillaume a surtout trois enfants. Comment fait-il au quotidien pour les transports ? Après avoir loué une voiture pour de la longue durée, il a eu un vrai aperçu de ce que coûte réellement une voiture tous les mois. Ils ont donc fait le choix de ne plus avoir de voiture. La famille a réussi pendant 8 mois !
Des proches s’inquiétant de ce choix leur ont fait don d’une vieille voiture très légère, que la petite famille garde en backup en cas d’urgence. Ils y ont collé le sticker de l’association Taca, « sur autoroute, je me limite à 110 pour le climat ».

Taca association

Pour suivre les déplacements, Guillaume a mis en place un carnet de bord recensant les motifs de transport ainsi que le compte des kilomètres pour s’assurer qu’il n’y avait pas d’alternative à la voiture.

Aujourd’hui la famille a refranchi le cap de ne plus avoir de voiture personnelle et de n’avoir recours qu’à la voiture en autopartage sur Citiz (un service coopératif français de location de voiture en autopartage) en cas de besoin. Ce dispositif a été déployé à Blois à la demande de la communauté.

Voiture autopartage Blois Citiz

Pour ses vacances, il utilise l’idée d’une « enveloppe transport ». Le train peut en effet être un coût important, surtout en famille, mais tout dépend de la destination et du type de train. Par exemple, pour partir en vacances dans les Alpes, ils ont choisit : TER pour Lyon + TER + Citiz pour les derniers kilomètres en montagne. Pour d’autres destinations, l’enveloppe ne concernera que le TGV, etc.

es longs voyages en train ont poussé la créativité et Guillaume a plein d’idées de jeu en famille pour faire passer le voyage plus vite : petit bac, jeu de voyage…

Jeu de société en route pour le voyage
Le jeu « En route ! » est un kit de cartes (lui aussi;) ) pour déclencher des discussions autour de divers sujets, ce qui est très utile lors de longs trajets. Et se joue avec toute la famille !

Pour Guillaume, le train c’est surtout des moments privilégiés partagés avec ses enfants, sans le stress des embouteillages et des aires d’autoroute. Cerise sur le gâteau : les autres voyageurs curieux s’intéressent aussi aux jeux. Pourquoi ne pas les y inviter ?

Il pense important de cultiver la désirabilité du train, face à celle de la voiture.

Les voyages avec trois enfants en train peuvent être un peu chargés, d’où son surnom : le Papa-sherpa !

Quelle vision pour la suite ?

Pour finir, Guillaume est optimiste par les possibilités et les objectifs intermédiaires développés dans le kit. Il souligne la satisfaction de baisser son bilan carbone : « il y a toujours un champ où l’on peut agir ».

Aujourd’hui, il est au stade où il s’attaque aux « cartes influences » (nos petites cartes qui donnent des clefs pour communiquer ses engagements écologiques) pour pouvoir amener d’autres personnes à baisser leurs émissions.

2 anecdotes marquantes pendant les ateliers :

  • Noël 2021 : Peu de temps après s’être procuré le kit, Guillaume choisit de l’amener chez sa famille, qui a des profils divers et plus ou moins engagés. Il tend sa ficelle et pose ses cartes. Cela crée des débats et, quand bien même la situation est inconfortable, elle est enrichissante.
  • Animation de l’atelier Jeune dans la classe de CM1 de sa fille : Guillaume a été très touché par la confiance de l’institutrice et l’intérêt des élèves. En parlant du réchauffement climatique, un des enfants a déclaré « Si je comprends bien, bientôt le Mont-Blanc il sera plus blanc et on devra l’appeler Mont-Gris ». Guillaume a été marqué par la justesse et l’honnêteté des paroles d’enfants, quand certains adultes se ferment aux constats.

« Sans cet outil, je n'aurai pas réussi à faire passer mes messages. »

Partager c’est sympa

Voici quelques œuvres qui ont marqué Guillaume et qu’il souhaite partager à son tour :

💚 Et enfin, une initiative qui tient à cœur à Guillaume : le travail fait le long de notre fleuve, la Loire, par le Parlement de Loire qui réfléchit à donner une personnalité juridique au fleuve.

En savoir plus sur Guillaume

Entretien réalisé en juillet 2024 par Camille Chiaradia. Sous la plume d’Alice Jehanne.

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